N°22- Page 2

Le Bon Guide de
l'Hygiénisme

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LA FATIGUE ET LA STIMULATION (1)

Le foie est paresseux !

Il ne faut jamais dire : "Mon foie est paresseux, je prends ce remède pour le stimuler". Il faut plutôt dire : "Mon foie est surmené, débordé.  Je dois le reposer par une diète plus légère ou par un jeûne." (A. M.)

Depuis Jennings et Graham, les Hygiénistes se sont opposés à l'usage de méthodes de stimulation (irritation ou surexcitation) du corps malade, car de telles méthodes tendent à épuiser les énergies du patient. Or, voilà qu'une critique écrit :
"Cette perte de la force vitale, qui semble être le croquemitaine du Dr Shelton, n'est pas aussi mauvaise qu'il le dépeint.  Le corps n'est pas une machine statique, mais dynamique qui génère constamment et qui perd "de la force vitale" ou de l'énergie".
Nous pouvons accepter sa déclaration selon quoi le corps est une machine dynamique qui génère constamment et qui perd de l'énergie, mais nous ne sommes pas obligés d'accepter qu'il est utile de gaspiller par la stimulation l'énergie du corps au fur et à mesure qu'elle est générée.

Le pouvoir du corps de générer de l'énergie est certes limité.

Et chez le malade ce pouvoir de générer l'énergie est paralysé.  En effet, le malade, chronique surtout, souffre de fatigue nerveuse provenant d'un gaspillage d'énergie précédemment pratiqué.  On ne peut pas l'aider avec des mesures qui diminuent ses réserves d'énergie. La stimulation est un tirage forcé sur les énergies du corps.  Elle oblige à dépenser de l'énergie, pas dans un travail utile mais pour résister au stimulant. Si la stimulation est poursuivie longtemps ou qu'elle soit répétée souvent, elle aboutit à l'épuisement. L'épuisement des énergies du corps est proportionnel à la stimulation qu'il subit. Par contre, la pratique opposée qui consiste à conserver les énergies du patient par le repos est bien plus rationnelle et infiniment plus payante. 

Un malade fatigué consulte

Un travailleur revient à la maison le soir très fatigué après une journée de dur labeur. Nous ne lui prescrivons pas de stimulant mais du repos et du sommeil.

Un malade fatigué consulte un médecin.  Après des semaines, des mois ou des années de surmenage, de stimulation, de dissipation, etc., ses énergies sont au plus bas. Mais le médecin suit le chemin inverse. Il lui déclare qu'il a besoin d'encore plus de stimulation, que ses organes sont paresseux et qu'ils doivent travailler davantage. Il lui donne un traitement pour stimuler la peau, les reins, le côlon, le système nerveux, etc...,  Parfois s'il n'est pas trop épuisé au moment de consulter le médecin il réussit à se fouetter et à manifester une simulation de santé mais qui ne dure pas longtemps. Souvent, et c'est la règle, un tel patient voit son état empirer dès le début d'un tel traitement.

Les risques de la stimulation

Toute stimulation est suivie d'une période de dépression (en tant que réaction) proportionnelle à cette stimulation. Cela devrait nous révéler la caractéristique de gaspillage de la stimulation. En supposant que l'on gagne quelque chose durant la stimulation, nous verrons que cela est perdu dans la réaction. En effet, plus nous semblons gagner et plus nous perdons en fait.

La stimulation que procure tout stimulant diminue progressivement tandis que la dépression qui s'ensuit augmente progressivement au fur et à mesure que l'on poursuit avec le stimulant.

Alors, on réclame des doses plus fortes ou plus fréquentes ou différentes mais la période de récupération sera plus longue.

Une autre objection contre l'usage des stimulants est qu'ils ne traitent que des symptômes, s'ingèrent dans les fonction du corps et ignorent les causes du trouble.  On cherche à restaurer la santé en forçant l'action du corps plutôt qu'en corrigeant les causes de la maladie. 

Fermez donc le robinet !

Supposons que nous ayons affaire à un patient très toxémique et qu'il soit utile d'éliminer toutes ses toxines accumulées. Si nous stimulons ses organes d'élimination et que nous ignorions les causes de son état toxique, alors nous serons comme celui qui cherche à vider une baignoire sans fermer le robinet !  Il vide et recommence à vider jusqu'à s'épuiser lui-même et en fin de compte il voit la baignoire aussi pleine qu'au début.

De la même façon, nous fouettons les organes d'élimination pour qu'ils travaillent davantage et nous continuons ce programme jusqu'à ce que ces organes ou même tout le corps soit épuisé, pour se retrouver à la fin aussi toxémique qu'au début. Certes, vu l'augmentation de l'altération fonctionnelle qui résulte inévitablement des mesures stimulatrices, le corps devient de plus en plus toxémique.

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