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Le Bon Guide de
l'Hygiénisme
L'une des plus grandes illusions de tous les temps est de prendre la dépense énergétique pour sa détention et de s'imaginer que plus on dépense plus on en a. Nulle part cette illusion n'est aussi évidente que dans l'usage des toniques et des stimulants. Étant donné que l'amertume ressentie dans les aliments, comme les toniques et les stimulants prescrits par les médecins engendrent une exaltation des sensations, les gens sont portés à croire que la stimulation leur donne plus de force.
Certes, quand le corps est empoisonné l'organisme paraît plus fort, mais en fait il s'affaiblit par la présence du poison. Scientifiquement, nous savons que la stimulation est un gaspillage de la force plutôt qu'une production de force, mais dans la pratique nous supposons que la sensation de force que nous ressentons dans l'état de la stimulation est due à un accroissement de cette force. Scientifiquement aussi nous savons que les toniques épuisent les forces plutôt qu'ils n'en donnent à l'organisme, mais la pratique des toniques n'a pas disparu.
La stimulation représente du travail, un travail ardu, et cela est épuisant. En effet, la surexcitation systémique engendrée par l'alcool, les toniques et les autres stimulants n'est pas moins épuisante qu'un dur labeur.
Par exemple, la digitaline ainsi que plusieurs autres poisons semblent fortifier le cœur, mais en fait elles l'épuisent.
Nous n'avons pas de mesure pour l'énergie, mais nous avons celle du travail accompli. En travaillant, la force est dépensée.
Nous imposons du travail à l'organisme et nous nous illusionnons avec la sensation de force, mais nous nous épuisons de la sorte.
La stimulation nous laisse une sensation d'énergie parce que c'est un processus de dépense.
Par contre, le processus d'économie de la force se manifeste par une sensation opposée, une méthode opposée et des résultats opposés.
Nous manifestons de la force seulement quand nous en dépensons, et nous sentons la faiblesse quand nous l'économisons.
Le calme, le repos et le sommeil réduisent la sensation de la force ainsi que sa preuve.
La conscience de la force et de la vigueur ressort par leur dépense.
Nous ne sentons pas l'énergie quand nous en gagnons, mais quand nous la dépensons.