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Le Bon Guide de
l'Hygiénisme
Presque tout le monde dans ce pays (et même en France), du berceau à la tombe, est coupable d'abus alimentaires, pas seulement de temps à autre, mais régulièrement et habituellement.
Les abus alimentaires sont le fléau de notre enfance, de notre jeunesse, de notre maturité et de notre vieil âge. Il est bien plus courant que l'abus d'alcool ou de tabac.
Allez là où vous voulez, dans les crèches, dans les écoles, dans les maisons, dans les restaurants, dans les hôtels, dans les hôpitaux, sur les trains, sur les bateaux et vous trouverez tout le monde sous cette coupe de l'illusion populaire qu'il faut manger beaucoup pour avoir la force et la santé.
Tout le monde surcharge son estomac avec des quantités effroyables comprenant toutes sortes de choses comestibles avalées pêle-mêle, sans savoir si elles peuvent fournir au corps les matériaux convenables pour le bâtir et le réparer. La quantité consommée n'est limitée que par la capacité et l'endurance du pauvre estomac.
DANS LES MALADIES AIGUËS
Même dans les maladies aiguës, quand la Nature porte à l'abstinence, en privant le malade non seulement de pouvoir digérer les aliments, mais surtout de toute envie de manger, on encourage l'abus d'aliments avec l'idée erronée que sans "une nourriture pour vous fortifier" les malades ne peuvent pas se remettre et retrouver la force.
Les aliments en quantité sont avalés pêle-mêle, fussent-ils inaptes à faite face aux besoins du corps, et sont supposés bâtir la résistance et prévenir la maladie. Or, si cette théorie était vraie, comment expliquer que les personnes bien nourries tombent malades ?
Méfiez-vous de l'idée fallacieuse qu'il "faut manger pour se fortifier". En effet, ce n'est pas la quantité d'aliments qu'on mange qui donne des forces, mais la quantité dont on a besoin qui est digérée et assimilée. Tout ce qui dépasse cela constitue un fardeau dont le corps doit disposer, en l'emmagasinant dans les tissus comme graisse encombrante ou en l'excrétant et en le rejetant à grands frais pour les énergies du corps.
Quand les aliments ne peuvent être digérés et assimilés, tout ce qu'on mange est pire qu'inutile. D'autre part, les abus alimentaires portent à commettre d'autres erreurs fatales à la santé. C'est ainsi que la modération et l'autocontrôle de soi facilite le self contrôle dans d'autres domaines. Il n'y a pas de doute que Graham avait raison de dire que les abus alimentaires habituels d'aliments épicés surtout et de substances stimulantes créent l'envie pour les boissons stimulantes telles qu'on les voit partout. C'est la raison qu'il avait donnée selon laquelle la tempérance (abstinence de tout alcool) n'est possible qu'avec la modération dans tout le mode de vie.
Nous n'avons pas encore appris tous les rapports qui existent entre tous les facteurs de la vie, et que les habitudes, comme les oiseaux, se retrouvent selon leur espèce. Une seule mauvaise habitude mène à une autre, et une bonne habitude en facilite et en fortifie une autre.
(Note : Pour savoir si on digère bien, il suffit de voir l'état des selles. Celles-ci doivent être moulées, inodores et non salissantes.— A. M.)
Tant que les aliments consommés conviennent aux besoins actuels de l'organisme, on n'aura aucun ennui de ce côté-là. Par contre, si l'on abuse on aura des ennuis.
Noter que l'abus ne signifie pas le petit excès qu'on pourrait faire par hasard, mais le gavage qu'on voit souvent partout.